JLS SDLM1Oui à la télémedecine, non au mélange des genres entre « care » et « business » par les grands leaders de la complémentaire santé !

Le déficit de stratégie de l'Etat en matière de santé mais aussi d'e-santé n'a pas permis la mise en place d'une télémédecine à la hauteur des enjeux. Une situation dont veulent profiter les grands leaders de la complémentaire santé.

 

Que l'ensemble des parties prenantes - médecins, patients, financeurs - s'en accommodent ou pas, la télémédecine va s'imposer dans notre système de santé, et cet apport technologique doit être perçu favorablement. Il est hautement contreproductif d'aller contre l'innovation, quand bien même elle nous bouscule tant elle est disruptive pour notre système de santé pensé dans l'ancien monde, qui exige une profonde réforme systémique.

Promesse de campagne du candidat Macron, les actes de téléconsultation et de télé-expertise sont bien inscrits dans le PLFSS (Projet de loi de Financement de la Sécurité Sociale) 2018, aujourd'hui définitivement adopté. Cette nouvelle façon de prendre en charge les patients présente bien plus d'atouts que d'inconvénients, à condition bien sûr qu'elle reste entre les mains des médecins et d'eux seuls, pour améliorer leur accès par les patients.

Pratique émergente

Force est de constater que notre démographie médicale vieillit elle-aussi ! Il y a nécessité d'améliorer l'accès aux soins dans les territoires, le nombre d'ALD (Affections longue durée) augmente. La télémédecine, pratique émergente, bien que disposant d'un cadre législatif depuis 2009, doit enfin sortir du stade de l'expérimentation et des structures hospitalières (pionnières dans le domaine), pour se développer dans un cadre respectant le parcours de soins, les besoins du patient, et la protection stricte des données le concernant.

Le déficit de stratégie de l'Etat en matière de santé mais aussi d'e-santé n'a pas permis depuis 2009 d'accompagner et d'encourager la mise en place d'une organisation efficiente de la télémédecine qui devrait pourtant être déjà opérationnelle et avoir rendu possible des retours d'expériences. Il suffit de se remémorer la mise en place du DMP (Dossier Médical Partagé) pour comprendre qu'en matière de numérique, la gouvernance de notre système de santé pâtit de quelques lenteurs qui ont coûté des centaines de millions d'euros d'argent public et nuisent lourdement à l'efficience actuel du système....

La colère des professionnels

La nature ayant horreur du vide, ce sont donc les grands opérateurs du marché de l'assurance, en mal de différenciation sur un "marché » aux offres standardisées par l'ANI (Accord National Interprofessionnel généralisant la couverture santé obligatoire à tous les salariés dans le cadre d'un contrat collectif au 1er janvier 2016) et les contrats responsables, qui se sont emparés du sujet et rivalisent d'offres plus commerciales les unes que les autres, dévoyant ainsi la télémédecine, par leurs alliances avec des téléopérateurs, dont certains assurent des consultations ou des suivis sans médecin ou supervision médicale. Voire des consultations expédiées en quelques minutes .... La colère des professionnels de santé est légitime, tout comme celle des patients. Une régulation de la pratique de la télémédecine s'impose pour séparer le bon grain de l'ivraie....

Les petites et moyennes mutuelles condamnent les pratiques détournées d'un mésusage de la télémédecine qui dévoient les valeurs mutualistes de liberté de choix des patients, de leurs praticiens, de l'indépendance professionnelle des soignants, et de liberté de choix de leur complémentaire santé. En tant qu'acteurs de proximité à l'échelle d'un territoire, elles approuvent la télémédecine en tant qu'usage professionnel de santé réservé aux professionnels de santé selon les cas et circonstances qu'il leur revient à définir.

La FDPM s'oppose à toute marchandisation de la santé, et s'inscrit en faux contre toute promesse visant à « fidéliser les entreprises » ou les patients au travers de cette pratique émergente.

La mise à mal de la solidarité intergénérationnelle

Innovantes elles aussi par leur offre en matière de couverture complémentaire santé, elles proposent des services à leurs adhérents, mais combattent la sélection des risques opérée par les grands acteurs de l'assurance complémentaire, qui met à mal la solidarité intergénérationnelle par la captation des données du patient notamment dont l'accès doit rester très contrôlé, voire renforcé.

Cela n'est pas le rôle des mutuelles, et, en tous les cas, cela ne sera jamais celui des petites et moyennes mutuelles de se substituer aux médecins en matière de télémédecine, de l'organiser ou de la réguler... La loi Le Roux autorisant les organismes complémentaires à créer les réseaux de soins en décembre 2013 ayant déjà suffisamment affaibli l'assurance maladie et notre système de santé, il est à souhaiter que les pouvoirs publics, à l'aune de la mise en place de la nouvelle stratégie nationale de santé du quinquennat ne réitéreront pas la même erreur....

La FDPM s'opposera à toute tarification de la télémédecine dont le financement ne serait pas pris en compte par l'assurance maladie comme 1er niveau d'intervention, le rôle de la mutuelle étant d'intervenir en payeur aveugle.

Le modèle d'organisation de la télémédecine dans l'offre de garanties santé devant être construit par les complémentaires santé sur des bases actuarielles et non pas sur les logiques financières d'aubaine de certains organismes aux pratiques archaïques en mal d'idées sur un marché hyperconcurrentiel...

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